La ressource en matière de droit d’auteur pour le personnel enseignant : OutilDecisionDroitdAuteur.ca

Il existe une excellente ressource en ligne qui aide les enseignantes et enseignants à déterminer si la disposition relative à l’utilisation équitable permet d’utiliser de courts extraits d’une œuvre protégée par le droit d’auteur pour les élèves de leur classe.

Le site www.OutilDecisionDroitdAuteur.ca aide le personnel enseignant à décider, en quelques clics seulement, si la disposition relative à l’utilisation équitable de la Loi sur le droit d’auteur permet la reproduction de courts extraits de documents imprimés et d’œuvres artistiques ou audiovisuelles pour les élèves sans qu’il soit nécessaire d’obtenir la permission du titulaire du droit d’auteur.

Ainsi, la prochaine fois que vous vous demanderez « Puis-je utiliser ceci dans la salle de classe? Est-ce que je peux en faire la reproduction? », la réponse se trouve à portée de la main! Vous pourrez obtenir les réponses à vos questions sur le droit d’auteur en 30 secondes sur le site www.OutilDecisionDroitdAuteur.ca. En quelques clics dans cette ressource conviviale, les enseignantes et enseignants pourront savoir comment appliquer la disposition relative à l’utilisation équitable et si leur utilisation d’œuvres protégées par le droit d’auteur est « équitable ».

www.OutilDecisionDroitdAuteur.ca

Le site OutilDecisionDroitdAuteur.ca informe les enseignantes et enseignants au sujet de leurs droits et de leurs obligations en matière d’utilisation d’œuvres d’autrui protégées par le droit d’auteur. Il leur permettra de mieux comprendre la loi et l’application des Lignes directrices sur l’utilisation équitable. Il y a d’autres ressources importantes relatives au droit d’auteur, que tout le personnel enseignant devrait connaître :

Toutes ces ressources peuvent être imprimées pour que le personnel enseignant puisse s’y référer facilement.

Le site www.OutilDecisionDroitdAuteur.ca est une ressource utile pour veiller à ce que le personnel enseignant respecte la loi. Il est important que les enseignantes et enseignants connaissent leurs droits en vertu de la Loi sur le droit d’auteur du Canada – et il est très important qu’ils connaissent leurs limites. Si vous ne savez pas avec certitude si une utilisation est équitable, utilisez l’outil de décision du droit d’auteur.

Visitez le site www.OutilDecisionDroitdAuteur.ca

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Notre profession à l’horizon 2018 sur la scène nationale

Par H. Mark Ramsankar

En juillet 2017, je suis devenu le président de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE). J’ai trouvé mes premiers mois dans ce poste essoufflants et éprouvants par moments, mais aussi passionnants et globalement très satisfaisants. Il s’est passé tellement de choses en si peu de temps! Surtout, je suis stupéfait de voir à quel point le temps a passé vite. Six mois, cela peut paraître beaucoup et, pourtant, une autre année s’est déjà terminée et une nouvelle commence. En cette période charnière, j’ai pris le temps de réfléchir à ce que j’ai appris dans mon nouveau rôle et à ce qui se profile à l’horizon 2018.

En 2017, notre Forum canadien sur l’éducation publique, juste avant l’AGA de la FCE, a eu pour thème le bien-être dans nos écoles. Deux ans auparavant, en 2015, la santé mentale des jeunes a été le leitmotiv de notre campagne en prévision des élections fédérales. Ces thèmes restent des priorités tandis que nous poursuivons notre action politique pour avoir dans tout le Canada des écoles sécuritaires et bienveillantes. Pour les enseignantes et enseignants de notre pays, la question de la santé mentale et du bien-être des élèves et des membres de la profession est un sujet primordial de préoccupation. Étant donné l’incroyable diversité qui caractérise les classes et les écoles canadiennes, il est absolument essentiel de fournir le soutien et les services nécessaires aux élèves ayant des besoins particuliers ou aux prises avec un problème de santé mentale. Malheureusement, en cette période d’austérité, les ressources et le soutien continuent de manquer.

À la Conférence nationale sur la négociation collective de juin 2017, nos organisations Membres ont signalé une augmentation du nombre d’incidents violents dans les classes. L’éducation est un milieu dynamique dans toutes les provinces et tous les territoires. Les influences externes sur les classes sont très réelles et échappent généralement au contrôle ou à l’influence du personnel enseignant.

Le grave manque de soutien et de ressources pour les élèves ayant des problèmes sérieux de comportement a mené à une augmentation des incidents violents qui mettent en danger les élèves et leurs enseignantes et enseignants. Nos écoles ont besoin d’un meilleur financement et de ressources accrues pour l’éducation de l’enfance en difficulté, d’une stratégie globale de soutien en matière de santé mentale des enfants, ainsi que de formation sur la santé et la sécurité, et des mesures de protection correspondantes à l’intention de tout le personnel scolaire. Les résultats de sondages menés par l’Ontario English Catholic Teachers’ Association et la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario sont là pour en témoigner! L’évolution démographique que connaît la clientèle scolaire, les changements qui surviennent dans la taille des classes et leur structure, l’augmentation des incidents violents dans les classes, les exigences grandissantes d’évaluation et de communication des progrès des élèves, l’accès au personnel enseignant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et l’intensification sans précédent de l’intrusion des entreprises commerciales dans l’éducation font que, dans l’ensemble du Canada, les milieux de l’enseignement et de l’apprentissage sont mis à rude épreuve.

Les organisations Membres nous ont aussi avertis que le nombre d’incidents violents signalés est en fait bien en deçà de la réalité avec laquelle le personnel enseignant doit composer jour après jour à l’école. L’écart s’explique peut-être par la stigmatisation qui suit parfois le signalement d’actes violents survenus dans la classe. Le personnel enseignant peut hésiter à faire ce signalement parce qu’il a le sentiment que cela risque de mettre en cause sa compétence aux yeux des autres. Nous devons continuer de faire pression pour que les écoles disposent des ressources et du soutien dont le personnel enseignant a besoin pour poursuivre son travail comme il l’entend, de manière à répondre aux besoins des élèves et réduire le stress qui se vit quotidiennement dans la salle de classe.

La FCE est préoccupée à juste titre par le projet de loi d’initiative parlementaire S-206, actuellement en deuxième lecture au Sénat. Si ce projet de loi qui, dans les faits, propose l’abrogation de l’article 43 du Code criminel du Canada est adopté, l’approche malavisée qu’il suggère aura une incidence sur la sécurité des élèves et la capacité du personnel enseignant de travailler directement avec eux. L’article 43 constitue la seule mesure de protection dont dispose le personnel enseignant contre d’éventuelles poursuites rattachées à leur exercice de la profession dans le contexte compliqué et imprévisible des écoles d’aujourd’hui.

En avril 2017, la sénatrice Céline Hervieux-Payette a pris la parole devant le Conseil d’administration de la FCE au sujet du projet de loi S-206, qu’elle a elle-même présenté au Sénat et que le sénateur Murray Sinclair parraine maintenant à son tour. Les membres du Conseil ont profité de l’occasion pour l’informer des répercussions négatives que l’abrogation de l’article 43 risquait d’avoir sur la sécurité des élèves et le personnel des écoles. La FCE est fondamentalement opposée au châtiment corporel sous toutes ses formes, mais reconnaît que le personnel enseignant doit pouvoir avoir un contact physique avec les élèves et même parfois exercer une contrainte physique sur les élèves pour leur sécurité et celle des autres. La FCE et ses organisations Membres pensent que la sénatrice a entendu leur message. Celle-ci a promis qu’elle allait réexaminer le projet de loi avec le ministère de la Justice à la lumière des préoccupations du corps enseignant. En 2018, la FCE continuera de surveiller de près l’évolution de ce dossier. Le 7 décembre 2017, le débat sur le projet de loi S-206 a été ajourné.

Le dossier des droits d’auteur en éducation en est un autre qui continuera d’orienter notre action politique en 2018. La loi actuelle du Canada est perçue sur la scène internationale comme un modèle à suivre, mais l’industrie de l’édition a une fois de plus réussi, en clamant ses préoccupations, à ramener ce dossier sous les feux des projecteurs. Le gouvernement fédéral travaille actuellement à l’examen de la loi et les créatrices et créateurs de contenu, avec l’industrie, multiplient les pressions pour amener le gouvernement à modifier la loi. Membre d’une coalition qui représente l’éducation, la FCE a fait connaître son opposition aux changements proposés et prône le maintien des dispositions relatives à l’utilisation équitable établies par la Cour suprême du Canada en 2012. Si les créateurs et créatrices obtiennent gain de cause, on peut s’attendre à une augmentation des droits d’auteur qui viendra détourner au profit des maisons d’édition des fonds qui normalement iraient aux élèves et aux écoles. Ce détournement des fonds minera gravement la capacité du personnel enseignant d’accéder aux ressources dont il a besoin et de l’utiliser dans ses classes.

J’invite toutes les organisations Membres de la FCE et les membres du corps enseignant canadien à faire pression sur leurs représentantes et représentants gouvernementaux au cours des prochains mois afin que le gouvernement maintienne les dispositions sur l’utilisation équitable par notre système d’éducation. Il est important que nous saisissions toutes les occasions de faire entendre notre voix. Notre action politique trouve toute sa force dans l’appui des quelque 250 000 personnes qui composent la profession enseignante et dans notre voix collective. Vous, les chefs de file de la profession, êtes, par la voie de vos organisations professionnelles, les moteurs de la FCE. C’est par notre action que nous continuerons de renforcer le système d’éducation publique de classe mondiale que le Canada offre à ses citoyens.

Les enseignantes et enseignants en salle de classe sont bien placés pour dire ce qui se passe dans les écoles du Canada en 2018 et doivent le faire. Ils doivent faire connaître les réalités de l’éducation aujourd’hui et montrer les effets du manque de soutien, alors qu’ils composent avec l’inclusion scolaire et la création de classes inclusives, sur le contexte et les possibilités d’apprentissage pour les élèves du Canada. Les enseignantes et enseignants savent bien que l’apprentissage repose sur la relation entre eux et leurs élèves. En 2018, la FCE axera ses efforts sur la préservation et le développement de cette relation et des milieux d’apprentissage sûrs et sains.

(H. Mark Ramsankar est le président de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants.)

Canada @ 150 – Huit grandes idées pour renforcer l’éducation publique

Par Bernie Froese-Germain

L’éducation publique au Canada et la confédération canadienne ont d’importants points communs. D’abord, elles ont environ le même âge; l’origine de l’éducation publique remonte à la seconde moitié du XIXe siècle. Mais surtout, elles sont toutes deux en évolution. Elles changent constamment pour répondre à de nouveaux besoins et à de nouvelles exigences, l’une à l’appui de l’autre, se renforçant mutuellement.

Le philosophe et essayiste John Ralston Saul a dit ceci à propos du rôle que joue l’éducation publique dans une société démocratique :

[Traduction libre]
« Toute atteinte à l’universalité de l’éducation publique ne peut que se traduire par un affaiblissement du rôle essentiel qu’a toujours joué l’éducation publique universelle dans la quête d’une démocratie civilisée. »
www.publiceducationnetworksociety.com/the-charter.html

Dans la même veine, le philosophe et réformateur de l’éducation américain John Dewey faisait déjà observer, il y a une centaine d’années, que

[Traduction libre]
ce n’est pas un hasard si toutes les démocraties ont donné une grande importance à l’éducation, si l’éducation a été leur première préoccupation et leur responsabilité permanente. Seule l’éducation permet à l’égalité des chances d’être autre chose que des mots. Les inégalités accidentelles associées à la naissance, à la richesse et à l’apprentissage ont toujours tendance à restreindre les chances de certains par rapport à d’autres. Seule une éducation libre et continue peut contrer ces forces, qui sont toujours là pour restaurer, dans quelque nouvelle forme que ce soit, l’oligarchie féodale. La démocratie doit naître de nouveau à chaque génération et l’éducation est sa sage-femme.
https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Dewey
https://en.wikiquote.org/wiki/John_Dewey

Le jalon historique que constitue le 150e anniversaire du Canada est pour nous une bonne occasion de réfléchir à l’avenir de l’éducation publique : de quel genre de système d’éducation publique avons-nous besoin pour appuyer l’idée d’un Canada inclusif, équitable, durable et prospère?

Personne ne pourrait soutenir que l’éducation publique ne joue pas un rôle central dans l’avenir de la société. Malheureusement, le discours typique autour de l’innovation et du changement en éducation se limite trop souvent aux réformes standardisées, axées sur le marché, qui minent l’équité. Les organisations de l’enseignement tentent de contrer ce discours erroné.

C’est dans cet esprit que nous vous présentons ici huit « grandes idées » (sans ordre particulier) pour renforcer l’éducation au Canada.

  1. L’éducation au service de la réconciliation : À la suite de la publication du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation et de ses appels à l’action, la FCE s’est dite fermement convaincue que l’éducation est d’une importance fondamentale pour le processus de guérison et de réconciliation. Elle est déterminée à travailler en collaboration avec les organisations autochtones et ses autres partenaires du milieu de l’éducation pour faciliter ce processus.
  2. La voix du personnel enseignant : Les spécialistes de l’enseignement et de l’apprentissage que sont les enseignantes et enseignants sont les mieux placés pour savoir de quoi les élèves ont besoin pour réussir, au sens le plus large du terme. Il est donc extrêmement important de tenir compte des points de vue de la profession enseignante sur le changement en éducation. À ce sujet, Jelmer Evers et René Kneyber, éditeurs du livre Flip the System: Changing Education From the Ground Up, publié l’an dernier par l’Internationale de l’Éducation (IE), soutiennent que les enseignantes et enseignants sont capables de prendre la tête de la réforme de l’éducation et qu’ils devraient le faire. https://www.teachers.ab.ca/Publications/ATA%20Magazine/Volume-96-2015-16/Number-1/Pages/Book-review.aspx (en anglais seulement)
  3. L’appui au professionnalisme collaboratif : Parmi les principales recommandations d’une récente étude sur l’état de l’apprentissage professionnel au Canada, il était suggéré de favoriser une culture systémique de professionnalisme collaboratif pour améliorer l’enseignement et l’apprentissage. D’après Andy Hargreaves, l’apprentissage et le perfectionnement professionnels sont utiles quand ils se font dans une « culture de professionnalisme collaboratif » où les membres du personnel enseignant travaillent et établissent leur planification ensemble, partagent la responsabilité de l’apprentissage des élèves qu’ils ou elles soient ou non dans leurs classes ou leurs écoles, et explorent des questions en équipes afin de trouver des solutions aux problèmes de leurs écoles.
    https://learningforward.org/who-we-are/announcements/press-releases/2016/12/05/findings-from-a-study-of-educators-professional-learning-in-canada-released-today (en anglais seulement)
  4. Les conditions socioéconomiques, ça compte  : Les facteurs socioéconomiques (comme la pauvreté des enfants et la maladie mentale) peuvent avoir des répercussions sur l’apprentissage des élèves et les résultats de l’éducation. Améliorer les conditions socioéconomiques générales des enfants et de leurs familles améliorera au bout du compte l’apprentissage et la qualité de l’éducation en général.
  5. Mouvement mondial de réforme de l’éducation : Nous devons mieux comprendre le mouvement mondial de réforme de l’éducation et ses répercussions sur nos écoles et nos systèmes d’éducation. Parmi les caractéristiques de ce mouvement, mentionnons le choix de l’école (écoles à charte, programmes de bons d’études, etc.), la concurrence accrue entre les écoles, la responsabilisation par les tests et le rétrécissement du curriculum. Par exemple, les tests comparatifs internationaux, de plus en plus nombreux, comme le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), influencent la politique de l’éducation et les pratiques dans ce domaine d’une manière qui peut nuire à l’atteinte des buts de l’éducation publique.
  6. Arriver à l’excellence par l’équité : Le projet de développement de l’éducation de l’Alberta Teachers’ Association, intitulé A Great School for All (PDF – 1,3 Mo), privilégie une approche systématique et holistique du changement en éducation qui repose sur l’équité. Ce projet met en évidence 12 dimensions du changement interreliées qui reconnaissent que les écoles sont des communautés vivantes et complexes, faisant partie d’un écosystème délimité par les réalités culturelles, communautaires et socioéconomiques, les contextes politiques ainsi que les tendances et les pressions mondiales.
  7. Renforcer le soutien à la diversité : Étant donné la très grande diversité des classes et des écoles — et la richesse et la force que cette diversité apporte —, il est absolument essentiel d’offrir aux élèves ayant des besoins particuliers, dont des besoins liés à la santé mentale, le soutien et les services dont ils ont besoin.
  8. Stopper la vague grandissante de la privatisation de l’éducation : Depuis deux ans, la FCE contribue activement au Mouvement mondial de réponse, un effort international coordonné par l’IE qui a reçu l’aval du Congrès mondial de l’IE, à Ottawa, en 2015. Ce mouvement a pour but de contrer la privatisation et la commercialisation de l’éducation publique. Il s’articule autour de deux axes d’intervention complémentaires :
    • L’action politique auprès des gouvernements pour qu’ils fassent ce qu’ils sont censés faire : agir dans l’intérêt du bien public en accordant suffisamment de fonds et de ressources, et en adoptant les politiques appropriées pour assurer une éducation publique inclusive et de qualité;
    • L’action pour empêcher que des entreprises éducatives comme Pearson et Bridge International Academies ne tirent profit de l’éducation aux dépens de l’accès universel à une éducation de qualité, financée par l’État et gratuite.

    Dans le cadre du Mouvement mondial de réponse, nous avons récemment lancé le projet We The Educators (Nous, gens de l’éducation!), qui consiste en une série de courts métrages d’animation appuyés par une revue de la littérature détaillée. Ce projet a pour but de susciter de nouvelles discussions sur le lien entre la technologie éducationnelle et la privatisation, la standardisation, la datafication (ou mise en données) et la (dé)professionnalisation de l’éducation.

Loin d’être exhaustive, cette liste propose des idées centrales dont la profession enseignante pourra s’inspirer dans le cadre de ses efforts pour offrir une éducation publique de qualité à tous et à toutes au cours des 150 prochaines années et au-delà.

*Le présent article a initialement été publié dans le numéro de juin 2016 de la revue Perspectives, le magazine Web de la FCE.

La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants applaudit à l’abrogation de projets de loi antisyndicaux

Le 15 juin 2017

Ottawa – La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) célèbre l’adoption du projet de loi C‑4, qui abroge deux projets de loi de l’ancien gouvernement conservateur, le C‑377, présenté en 2012, et le C‑525, adopté en 2014.

« Nous félicitons le gouvernement libéral de tenir sa promesse électorale en abrogeant ces lois antisyndicales et antidémocratiques, indique la présidente de la FCE Heather Smith. Les organisations de l’enseignement faisaient partie des nombreux groupes syndicaux ciblés par le projet de loi C‑377, qui a été adopté rapidement par la Chambre des communes sans trop de débat et sans aucune consultation avec les syndicats. Ces mesures ont provoqué le déclenchement de la campagne d’action politique « Écoutez ma voix » de la FCE, dont l’objectif était de renforcer la voix du personnel enseignant dans le dossier des droits des travailleurs et travailleuses », ajoute la présidente.

La Fédération a aussi appuyé la campagne du Congrès du travail du Canada et s’est jointe au concert d’opposition de la part des associations de policiers et policières, du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada, de l’Association du Barreau canadien et de sept provinces, qui ont qualifié le projet de loi C‑377 d’inconstitutionnel et affirmé que son application coûterait des millions de dollars à l’administration fédérale.

« C’est une excellente nouvelle pour la démocratie et les droits de la personne », conclut Heather Smith.

Fondée en 1920, la FCE est une alliance nationale d’organisations provinciales et territoriales qui représentent plus de 232 000 enseignantes et enseignants au Canada. La FCE est également affiliée à l’Internationale de l’Éducation, laquelle compte 32 millions de membres. @EnseigneCanada

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Contact avec les médias :

Francine Filion, directrice des Communications, 613-688-4314

We The Educators  – Une nouvelle conversation sur l’avenir de l’éducation publique

Les systèmes d’éducation du monde entier sont aujourd’hui témoins de toutes sortes de changements et d’améliorations, de multiples bouleversements sociaux et économiques, et d’innovations technologiques rapides qui étaient inimaginables il n’y a pas si longtemps. Au milieu de ce tsunami de changements, des pratiques d’enseignement et d’apprentissage novatrices qui font usage des nouvelles technologies déferlent sur les écoles et les salles de classe avec le vaste objectif de transformer l’apprentissage des élèves.

Si les technologies présentent aux systèmes d’éducation à la fois des possibilités et des défis énormes, certains des plus grands bouleversements sont liés à la standardisation, à la personnalisation, à la privatisation et à la mise en données (datafication en anglais) de l’apprentissage.

Voilà pourquoi l’Internationale de l’Éducation (IE), la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) et l’Alberta Teachers’ Association (ATA) ont senti le besoin d’explorer la recherche interdisciplinaire que suscitent la technologie éducationnelle et la mise en données, et leurs effets sur l’enseignement et l’apprentissage dans le monde.

wetheeducators-revue-de-la-litteratureLa présente revue de la littérature (PDF – 610 Ko) tente de brosser un portrait équilibré de divers concepts interdisciplinaires afin de guider l’analyse des domaines convergents que sont la technologie éducationnelle et la mise en données. Elle s’inscrit dans un projet plus vaste intitulé « Nous, gens de l’éducation! » (www.wetheeducators.com), qui présente les concepts étudiés ici de manière plus concrète à l’aide de vidéos et d’animations produites dans plusieurs langues.

Nous espérons que ce projet suscitera un débat public riche sur la relation entre la mise en données des systèmes d’éducation et la (dé)personnalisation, la privatisation et la standardisation de l’apprentissage des élèves, et qu’il encouragera un examen professionnel plus rigoureux de cette relation. Nous invitons nos collègues et les personnes qui militent en faveur d’une éducation publique de qualité aux quatre coins du monde à se servir de cette recherche et des vidéos afin de poursuivre le dialogue.

Ce projet est le résultat d’un exercice de collaboration international mené par un grand nombre de personnes aussi talentueuses les unes que les autres, dont Graham Brown-Martin et les équipes de l’IE (Angelo Gavrielatos, Nikola Wachter et Mar Candela), Cassandra Hallett et Bernie Froese-Germain (de la FCE), ainsi que Philip McRae, Ph. D., Lindsay Yakimyshyn, Ph. D., et J-C Couture, Ph. D. (de l’ATA). L’attention, l’analyse, le soutien et l’imagination de chacune de ces personnes ont donné lieu à un projet qui a pour but d’informer et de (re)façonner l’avenir de l’enseignement et de l’apprentissage.

Tous les partenaires du projet continueront d’étudier et de défendre les conditions d’exercice nécessaires à la création de milieux d’enseignement et d’apprentissage qui permettront aux systèmes solides d’éducation publique, financée par l’État, d’atteindre leur objectif : bien instruire tous les enfants et tous les jeunes sans exception.


Site Web : https://wetheeducators.com/
Twitter : https://twitter.com/WeTheEducators
Facebook : https://www.facebook.com/WeTheEducators
Instagram : https://www.instagram.com/WeTheEducators/
Vimeo : http://vimeo.com/WeTheEducators
YouTube : http://bit.ly/WTEyoutube

Justin Trudeau et ses homologues des provinces et des territoires sont pressés d’accorder une attention prioritaire à la santé mentale des enfants et des jeunes

Dans une lettre envoyée le 1er décembre au premier ministre Justin Trudeau, la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants les a pressés, lui et ses homologues des provinces et des territoires, d’accorder au dossier de la santé mentale des enfants et des jeunes une place centrale dans leurs discussions à la réunion des premiers ministres le 9 décembre 2016, à Ottawa. Les enseignantes et enseignants des quatre coins du Canada ont souligné le besoin de faire de la santé mentale des enfants et des jeunes une grande priorité.

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Le 1er décembre 2016

Le très honorable Justin Trudeau, C. P., député
Premier ministre du Canada
Édifice Langevin
Ottawa (Ontario)
K1A 0A2

Monsieur le Premier Ministre,

Tandis que vous vous préparez pour la prochaine réunion des premiers ministres des provinces et des territoires et le riche et important échange qu’elle promet, je vous écris au nom de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) pour vous demander d’accorder une place centrale au dossier de la santé mentale chez les enfants et les jeunes. En 2014, la FCE a mené un sondage auprès de plus de 5 000 membres du corps enseignant au Canada pour connaître leurs priorités. Au total, 95 % d’entre eux ont indiqué que la santé mentale des enfants et des jeunes était au sommet de leurs préoccupations. Sans équivoque, cette réponse n’a malheureusement rien d’étonnant et ne doit pas être ignorée.

Quand vous rencontrerez les premiers ministres des provinces et des territoires, la FCE vous demande, au nom des 231 000 enseignantes et enseignants qu’elle représente et des millions d’élèves dont ils s’occupent, de vous engager, dans un accord renouvelé sur la santé, à offrir des soins de santé mentale adéquats aux enfants et aux jeunes. À l’heure actuelle, malgré la relative prospérité du Canada sur la scène internationale et ses valeurs progressistes, de nombreuses communautés au pays ne disposent pas des ressources qui leur permettent de mettre en place les mesures de prévention et d’intervention dont les enfants et les jeunes ont besoin pour leur bien-être et leur bonne santé mentale. Dans les communautés isolées et chez les populations minoritaires, les difficultés sont en plus exacerbées par la distance, les barrières linguistiques et une incompréhension de leur culture ou de leur groupe.

La FCE et ses organisations Membres provinciales et territoriales seraient enchantées de participer avec tous les ordres de gouvernement aux discussions pour améliorer les services de santé mentale à l’intention des enfants et des jeunes. Ces derniers ont droit à des services de santé et cela doit comprendre des services de santé mentale facilement accessibles.

En 2012, en collaboration avec la Commission de la santé mentale du Canada, la FCE a exploré les questions liées à la santé mentale et au bien-être des élèves dans les écoles au moyen d’un sondage pancanadien. Plus de 3 900 membres du personnel enseignant ont répondu au sondage, dont 2 324 enseignantes et enseignants de l’élémentaire et 1 603 du secondaire. Le sondage avait pour but de mieux faire comprendre les points de vue du personnel enseignant en salle de classe sur la question de la santé mentale et du bien-être des élèves, y compris les facteurs qui constituent des obstacles potentiels à la prestation de services de santé mentale aux élèves de leur école (p. ex. la stigmatisation).

Parmi les obstacles signalés figuraient les suivants :

  • Au total, 85 % des répondants et répondantes étaient d’accord pour dire que le manque de financement pour les services de santé mentale offerts à l’école constituait un obstacle potentiel, y compris 59 % qui étaient « fortement » d’accord;
  • En tout, 78 % des enseignantes et enseignants étaient d’accord pour dire que le nombre insuffisant de professionnelles et professionnels de la santé mentale dans la communauté constituait un obstacle potentiel, y compris 45 % qui étaient « fortement » d’accord;
  • Les trois quarts des sujets interrogés (75 %) étaient d’accord pour dire que le manque de coordination des services entre l’école et la communauté constituait un obstacle potentiel et, parmi eux, 38 % étaient « fortement » d’accord;
  • Les deux tiers des enseignantes et enseignants (67 %) étaient d’accord pour dire que le manque de possibilités de renvoi à des services dans la communauté constituait un obstacle potentiel, y compris 34 % qui étaient « fortement » d’accord.

Une enseignante a résumé la situation très clairement :

  • C’est triste de savoir qu’il y a un problème ou de l’apprendre de la bouche d’un élève, de suivre le protocole mis en place et de découvrir que, pour une raison ou une autre (manque de services, refus des services par la famille, peur de la stigmatisation, etc.), l’élève ne reçoit pas l’aide dont il a besoin.

La FCE et ses 17 organisations Membres de chacune des provinces et chacun des territoires seraient heureuses de poursuivre le dialogue et la collaboration afin que tous les enfants et les jeunes du Canada puissent mener des vies saines et atteindre leur plein potentiel. Pour finir, nous vous souhaitons une réunion très fructueuse avec les autres premiers ministres et espérons sincèrement que le dossier des services de santé mentale pour les enfants et les jeunes recevra toute l’attention qu’il mérite dans vos délibérations et un éventuel accord renouvelé sur la santé.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’assurance de ma considération distinguée.

La présidente de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants,
Heather Smith

c.c. Premiers ministres des provinces et des territoires
Membres du Conseil d’administration de la FCE

Un nouvel outil pédagogique de l’ONU pour la lutte contre la faim dans le monde

Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies a mis au point un outil pédagogique intéressant, sous la forme d’une présentation power point, destinée à informer les écoles à la fois au sujet de la faim dans le monde et l’engagement pris par les dirigeants du monde afin de l’éradiquer. Cet outil est idéal aux élèves à partir de l’âge de 10 ans et jusqu’au lycée.

Cet outil opportun explique pourquoi les populations ont faim, où vivent les personnes souffrant de la faim et ce que les élèves peuvent faire pour aider. Les élèves et les enseignants seraient également contents d’apprendre le rôle impressionnant que le Canada joue dans la lutte contre la faim dans le monde !

Une interview en direct, par Skype, est possible pour faire une présentation via l’outil pour les élèves et répondre à leurs questions sur les activités du PAM.

Vous pouvez télécharger la version anglaise ici et la version française ici.

Demo in Ottawa -World Teachers’ Day

Join us as we stand in solidarity with our Turkish teacher colleagues

WHEN: 4 to 5:30 p.m., Wednesday, Oct. 5th, World Teachers’ Day

WHERE: Embassy of the Republic of Turkey
197 Wurtemberg Street (close to the Rideau River).

WHY: To stand in solidarity with over 28,000 Turkish educators who have been suspended along with tens of thousands of other citizens. Turkey is punishing educators and other public sector workers in response to the failed coup on July 15.

Let’s send a collective message to the Republic of Turkey by calling for a respect for democracy and human rights instead of unlawful actions by its military to silence its citizens and abolish their rights.

Let’s also send a message to our federal government to pressure the Turkish government to observe and protect human rights and fundamental freedoms, including freedom of expression and academic freedom.

WHO: Teachers, university professors, union leaders, human rights supporters

Organized by the Canadian Teachers’ Federation, Canadian Association of University Teachers, and Affiliates of Education International.


Download Poster – PDF 156 KB
Demo in Ottawa

Manif à Ottawa – Journée mondiale des enseignantes et des enseignants

Venez vous joindre à nous tandis que nous manifesterons notre solidarité à nos collègues enseignantes et enseignants en Turquie

QUAND :  De 16 h à 17 h 30, le mercredi 5 octobre, Journée mondiale des enseignantes et des enseignants

OÙ : Ambassade de la République turque, 197, rue Wurtemberg (près de la rivière Rideau)

POURQUOI : Pour manifester notre solidarité aux plus de 28 000 éducatrices et éducateurs turcs qui ont été suspendus, comme des dizaines de milliers d’autres citoyennes et citoyens. Dans la foulée du coup d’État raté du 15 juillet, la Turquie punit le corps enseignant et d’autres travailleurs et travailleuses du secteur public.

Envoyons collectivement un message à la République turque pour qu’elle respecte les principes démocratiques et les droits de la personne, et que ses militaires abandonnent leurs mesures illicites pour imposer le bâillon et abolir les droits des citoyens et citoyennes.

Envoyons aussi un message à notre gouvernement fédéral pour qu’il fasse pression sur les autorités turques afin qu’elles observent et protègent les droits de la personne et les libertés fondamentales, dont la liberté d’expression et la liberté pédagogique.

QUI : Les membres du personnel enseignant, les professeures et professeurs d’université, les représentantes et représentants syndicaux, les personnes qui se vouent à la défense des droits de la personne

Manifestation organisée par la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants, l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université et les organisations affiliées à l’Internationale de l’Éducation.


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Manif à Ottawa

Grandir fatigué, anxieux et distrait

Par Ronald Boudreau

Le Forum sur l’éducation publique de la FCE sur la santé mentale a accordé une place importante du programme aux recherches menées par Dr. Phil McRae, membre du personnel administratif de l’Alberta Teachers Association.

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Si le titre de la présentation « L’Internet du moi : la négligence à l’ère de l’hyperconnectivité » laissait peu présager les informations qui nous seraient révélées lors de cette allocution, le sous-titre, lui, était plutôt évocateur. C’est la raison pour laquelle ce billet retient plutôt ce dernier comme fil conducteur : en effet, qui n’est pas intrigué à l’idée de grandir fatigué, anxieux et distrait?

Une enquête menée auprès d’un échantillon de 2 200 personnes représentatives du personnel enseignant de l’Alberta a permis de tirer quelques constats qui mènent à de nouvelles pistes de réflexion sur l’impact des technologies dans nos vies.

D’emblée, le personnel enseignant reconnaît l’apport des technologies dans leur enseignement et dans l’apprentissage, les stratégies visant le questionnement et l’exploration arrivant en tête de liste (71 %).

Ce sont les questions d’enquête qui portaient sur la santé et le bien-être qui se sont révélées les plus troublantes. Le trois-quarts des membres personnel enseignant interrogé constate que les technologies ont un effet pervers distrayant sur l’apprentissage, principalement causé par les tentatives des élèves d’accomplir plusieurs tâches à la fois.

L’enquête s’inquiète par ailleurs de l’importance des relations humaines qui risquent de diminuer dans un contexte d’hyperconnectivité. Les recherches se penchent actuellement sur les effets à long terme que cette nouvelle réalité pourrait avoir sur la santé mentale des individus. Par ailleurs, les problèmes de cyberintimidation semblent également à la hausse et s’apparentent à un manque d’empathie entre les élèves.

Dr. McRae conclut ce survol par quelques pistes pour mieux gérer l’impact des technologies sur nos vies. Il insiste d’abord sur l’importance de maintenir un équilibre dans la place qu’occupent les technologies dans nos vies afin de maintenir des relations humaines saines et harmonieuses. Il insiste ensuite sur l’importance d’être conscient des effets pervers possibles des technologies et finalement, d’être plus présent dans la vie quotidienne des personnes qui nous entourent.

(Ronald Boudreau est le directeur des Services aux francophones de la FCE)