We The Educators  – Une nouvelle conversation sur l’avenir de l’éducation publique

Les systèmes d’éducation du monde entier sont aujourd’hui témoins de toutes sortes de changements et d’améliorations, de multiples bouleversements sociaux et économiques, et d’innovations technologiques rapides qui étaient inimaginables il n’y a pas si longtemps. Au milieu de ce tsunami de changements, des pratiques d’enseignement et d’apprentissage novatrices qui font usage des nouvelles technologies déferlent sur les écoles et les salles de classe avec le vaste objectif de transformer l’apprentissage des élèves.

Si les technologies présentent aux systèmes d’éducation à la fois des possibilités et des défis énormes, certains des plus grands bouleversements sont liés à la standardisation, à la personnalisation, à la privatisation et à la mise en données (datafication en anglais) de l’apprentissage.

Voilà pourquoi l’Internationale de l’Éducation (IE), la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) et l’Alberta Teachers’ Association (ATA) ont senti le besoin d’explorer la recherche interdisciplinaire que suscitent la technologie éducationnelle et la mise en données, et leurs effets sur l’enseignement et l’apprentissage dans le monde.

wetheeducators-revue-de-la-litteratureLa présente revue de la littérature (PDF – 610 Ko) tente de brosser un portrait équilibré de divers concepts interdisciplinaires afin de guider l’analyse des domaines convergents que sont la technologie éducationnelle et la mise en données. Elle s’inscrit dans un projet plus vaste intitulé « Nous, gens de l’éducation! » (www.wetheeducators.com), qui présente les concepts étudiés ici de manière plus concrète à l’aide de vidéos et d’animations produites dans plusieurs langues.

Nous espérons que ce projet suscitera un débat public riche sur la relation entre la mise en données des systèmes d’éducation et la (dé)personnalisation, la privatisation et la standardisation de l’apprentissage des élèves, et qu’il encouragera un examen professionnel plus rigoureux de cette relation. Nous invitons nos collègues et les personnes qui militent en faveur d’une éducation publique de qualité aux quatre coins du monde à se servir de cette recherche et des vidéos afin de poursuivre le dialogue.

Ce projet est le résultat d’un exercice de collaboration international mené par un grand nombre de personnes aussi talentueuses les unes que les autres, dont Graham Brown-Martin et les équipes de l’IE (Angelo Gavrielatos, Nikola Wachter et Mar Candela), Cassandra Hallett et Bernie Froese-Germain (de la FCE), ainsi que Philip McRae, Ph. D., Lindsay Yakimyshyn, Ph. D., et J-C Couture, Ph. D. (de l’ATA). L’attention, l’analyse, le soutien et l’imagination de chacune de ces personnes ont donné lieu à un projet qui a pour but d’informer et de (re)façonner l’avenir de l’enseignement et de l’apprentissage.

Tous les partenaires du projet continueront d’étudier et de défendre les conditions d’exercice nécessaires à la création de milieux d’enseignement et d’apprentissage qui permettront aux systèmes solides d’éducation publique, financée par l’État, d’atteindre leur objectif : bien instruire tous les enfants et tous les jeunes sans exception.


Site Web : https://wetheeducators.com/
Twitter : https://twitter.com/WeTheEducators
Facebook : https://www.facebook.com/WeTheEducators
Instagram : https://www.instagram.com/WeTheEducators/
Vimeo : http://vimeo.com/WeTheEducators
YouTube : http://bit.ly/WTEyoutube

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Un rapport sur une entreprise de services éducatifs en Ouganda expose des faiblesses et des activités non conformes aux normes

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Un nouveau rapport rendu public, le 5 octobre, par l’Internationale de l’Éducation (IE) révèle qu’une entreprise de services éducatifs installée en Ouganda fait passer les profits avant les élèves et fait fi des normes juridiques en éducation.

Le rapport de l’IE, Schooling the Poor Profitably (scolariser les pauvres pour faire des bénéfices), est le fruit d’une longue enquête sur les activités de l’entreprise Bridge International Academies (BIA) qui, depuis février 2015, a ouvert en Ouganda 63 écoles privées à but lucratif fréquentées par quelque 12 000 clientes et clients qui paient des frais de scolarité. C’est cette même entreprise qui a tenté d’intimider le chercheur canadien Curtis Riep en portant de fausses accusations contre lui et en le faisant arrêter pendant son séjour en Ouganda, en mai dernier.

BIA a fait l’objet de nombreuses critiques pour ne pas avoir respecté les normes juridiques et éducatives du pays, à la suite de quoi le gouvernement a fait fermer toutes les écoles, en août. Bien que les écoles aient rouvert temporairement depuis, l’IE suit la situation de près.

Voici, en bref, les principales constatations du rapport :

  • Neuf enseignantes et enseignants embauchés par BIA sur dix ne sont ni qualifiés ni brevetés;
  • Les enseignantes et enseignants lisent les leçons à partir de programmes d’enseignement préparés par BIA et transférés sur des tablettes numériques;
  • Les installations de BIA sont de mauvaise qualité, comme en témoignent des rapports faisant état notamment de conditions d’hygiène déplorables dans les établissements scolaires qui, bien souvent, ne répondent pas aux exigences de base et aux normes minimales;
  • Les droits de scolarité empêchent les familles pauvres d’envoyer leurs enfants à l’école;
  • Les droits de scolarité représentent 20 % du revenu familial — par enfant;
  • Les taux de décrochage sont élevés — de 10 à 60 %.

Pour en savoir plus sur ce sujet, veuillez lire la déclaration de l’IE (reproduite ci-dessous telle qu’elle nous a été fournie) :

La mainmise de Bridge International Academies en Ouganda

Les prestations éducatives dispensées par Bridge International Academies (BIA) en Ouganda ne respectent pas les normes légales et éducatives établies par le gouvernement, selon une nouvelle étude de l’Internationale de l’Éducation (IE), notamment l’obligation de faire appel à des enseignant(e)s qualifié(e)s, de respecter le programme scolaire national et les normes relatives aux infrastructures scolaires.

BIA, l’une des plus importantes entreprises éducatives à but lucratif du monde, ambitionne, d’ici 2025, de vendre des services éducatifs élémentaires payants à 10 millions d’élèves appartenant à des communautés à faible revenu dans toute l’Afrique et l’Asie. En Ouganda, BIA s’est rapidement développée depuis février 2015, avec environ 12 000 étudiant(e)s payant des droits de scolarité. Cependant, en août, le Secrétaire permanent de l’Ouganda a décidé de fermer toutes les écoles de BIA en raison de l’incapacité de l’entreprise à répondre aux exigences éducatives et légales du gouvernement.

L’analyse du programme d’enseignement et de la pédagogie mis en œuvre par Bridge par l’IE met en évidence d’importantes conséquences pour les enseignant(e)s et les élèves, car ils modifient fondamentalement la nature et la pratique de l’enseignement. L’entreprise a élaboré un plan d’activité axé sur une uniformisation rigide, des moyens technologiques automatisés, des infrastructures scolaires de médiocre qualité et des dispositifs connectés à Internet qui permettent de mener l’ensemble des activités pédagogiques ou non pédagogiques constituant un système éducatif.

BIA s’appuie sur le haut débit pour offrir son « Academy-in-a-box » avec des programmes d’enseignement préétablis transférés sur des tablettes numériques — « des ordinateurs enseignants » — qui transmettent les connaissances et les informations aux élèves. Cette démarche correspond à une stratégie opérationnelle visant à réduire radicalement les coûts d’exploitation et ainsi réaliser des économies d’échelle en employant des enseignant(e)s non qualifié(e)s avec des salaires de misère. L’enquête de l’IE a révélé que près de neuf enseignant(e)s de BIA sur dix ne sont pas qualifiés, en violation directe de la Loi sur l’éducation de l’Ouganda (2008).

En outre, les infrastructures scolaires de Bridge Academies sont en-dessous de la moyenne, certains rapports mentionnant « des conditions d’hygiène et sanitaires déplorables » dans les bâtiments scolaires qui, bien souvent, ne respectent pas les exigences de base et les normes minimales établies par le ministère de l’Éducation.

BIA échoue dans sa mission à proposer des prestations éducatives « abordables » à tous les enfants de l’Ouganda. Selon une autorité ministérielle, les enfants des classes défavorisées n’ont pas les moyens de débourser quelque somme que ce soit pour leur éducation, encore moins les frais d’inscription de BIA. Les familles ayant des revenus moyens doivent consacrer jusqu’à 23 à 27 % de leurs gains pour envoyer un seul enfant, pendant une année, dans une école de Bridge. De fait, le taux de décrochage dans les écoles de BIA varie de 10 à 60 %.

Fred van Leeuwen, secrétaire général de l’Internationale de l’Éducation a déclaré : « Nous demandons au gouvernement ougandais de rester ferme en exigeant que Bridge International Academies agisse conformément aux exigences législatives et réglementaires ougandaises. Tout enfant mérite de pouvoir suivre un enseignement assuré par un(e) enseignant(e) qualifié(e), axé sur un programme scolaire stimulant, dans des écoles sûres et propices à un enseignement et à un apprentissage de qualité. »

Télécharger le rapport ici : SCOLARISER LES PAUVRES POUR FAIRE DES BENEFICES :
Les innovations et les carences de Bridge International Academies en Ouganda, par Riep, C. et M. Machacek. (2016)

Contact média :

Angelo Gavrielatos (Project Director, Education International): +61488012045
angelo.gavrielatos@ei-ie.org.au

Les actions de Bridge sont honteuses pour une organisation qui prétend avoir à cœur les intérêts des élèves.

L’Internationale de l’Education (IE) condamne fermement Bridge International Academies pour les allégations manifestement fausses proférées à l’encontre d’un chercheur et citoyen canadien, M. Curtis Riep. Ces allégations ont conduit à l’arrestation de M. Riep, qui fut interrogé au poste de police de Kyenjera, à Kampala, le lundi 30 mai 2016. M. Riep se trouvait alors en Ouganda dans le cadre de l’étude qu’il menait sur Bridge International Academies pour le compte de l’Internationale de l’Education.

Ces allégations ont été proférées par Bridge afin de tenter de manipuler le système de justice pénale ougandais et de discréditer M. Riep. Fort heureusement, les manœuvres de Bridge ont fait long feu et se retourneront contre elle.

Bridge est même allée jusqu’à diffuser une affiche « Wanted » avec une photo de M. Riep dans la presse ougandaise le 24 mai 2016, comme si elle était elle-même en mesure de juger les délits criminels. C’est inacceptable. Et il est tout autant inacceptable que Bridge se soit arrangée pour que les médias soient présents lors de l’arrivée de M. Riep au poste de police pour son interrogatoire.

Au terme de l’enquête approfondie menée par la police, M. Riep a été complètement blanchi. Il est important de noter que si des représentants de Bridge étaient présents lors des premières étapes de l’enquête, ils ont brillé par leur absence lorsque M. Riep a été lavé de toute accusation.

 A l’époque où M. Riep menait ses recherches, les autorités ougandaises avaient mis un frein à l’expansion des activités de Bridge car la société ne respectait pas les exigences réglementaires imposées aux écoles.

Bridge a démontré qu’elle craignait que toute la lumière soit faite sur ses opérations, et semble tellement redouter d’être surveillée qu’elle s’en est prise à un chercheur qui réalisait son travail en toute légitimité. Si ces agissements visaient à intimider M. Riep et l’IE, la société a manqué son objectif.

Les actions de Bridge sont honteuses pour une organisation qui prétend avoir à cœur les intérêts des élèves.

Plus d’information (en anglais seulement) :

The education bridge to nowhere (June 7, 2016)

 

Le double langage de la Banque mondiale à propos des enseignant(e)s – Analyse de dix années de prêts et de conseils

WBpictSMALLAu cours de ces dernières décennies, la Banque mondiale est devenue un acteur central dans l’élaboration du programme politique mondial pour l’éducation, un domaine dans lequel elle joue un rôle de plus en plus prépondérant, au point d’être considérée aujourd’hui comme l’un des plus grands bailleurs de fonds extérieur pour ce secteur. Sa capacité croissante à définir les politiques dépasse largement ses activités de prêt et suppose l’affirmation d’un pouvoir « idéologique » significatif dont l’influence se fait aussi sentir dans le domaine de l’éducation, notamment en ce qui concerne les résultats d’apprentissage, la qualité de l’éducation et les questions intéressant directement les enseignant(e)s. Les choix et préférences de la Banque mondiale peuvent être analysés au travers de ses publications et autres interventions sur le terrain.

Poursuivez la lecture du résumé (Internationale de l’Education) : Le double langage de la Banque mondiale à propos des enseignant(e)s – Analyse de dix années de prêts et de conseils (PDF)

Pour le rapport complet, en anglais, veuillez vous rendre sur :
http://www.educationincrisis.net/resources/ei-publications

L’Internationale de l’Education représente les organisations d’enseignants et d’employés de l’éducation à travers le monde.