Comment les adolescents canadiens prennent-ils des décisions lors du partage de photos?

Par HabiloMédias

S’appuyant sur les découvertes de HabiloMédias sur les jeunes et la vie privée tirées de notre recherche Jeunes Canadiens dans un monde branché, notre nouvelle étude qualitative, Partager ou ne pas partager : comment les adolescents gèrent-ils leur vie privée en lien avec le partage de photos sur les médias sociaux (PDF – 1 Mo), a pour objectif d’examiner le raisonnement privilégié par les adolescents lorsqu’ils partagent des photos en ligne.

Comprendre l’étendue des connaissances des jeunes relativement à leur droit à l’information est essentiel pour leur inculquer efficacement des compétences numériques. Étant donné que le modèle réglementaire qui protège la vie privée virtuelle des jeunes tient pour acquis que ces derniers ne publieront pas des renseignements qu’ils désirent garder confidentiels, les initiatives en matière d’éducation à la vie privée se contentent généralement de dire aux jeunes de ne pas diffuser de contenu à caractère personnel en ligne. Toutefois, notre recherche intitulée Jeunes Canadiens dans un monde branché montre que les jeunes ne perçoivent pas la confidentialité comme la non-divulgation de renseignements personnels. Ils cherchent plutôt à adapter le degré de confidentialité en fonction de l’audience ‒ leurs pairs ou des membres de leur famille ‒ en s’appuyant sur un ensemble de normes sociales qui visent à déterminer ce que chacun sera en mesure de voir. Conscients de cette nuance, nous avons entrepris cette étude pour en apprendre davantage sur la manière dont les adolescents perçoivent et s’approprient le concept de vie privée en ligne. Ainsi, nous serons en mesure de concevoir des programmes d’enseignement des compétences numériques qui reflètent les perceptions des jeunes et qui sont adaptés à leurs besoins.

Dans le cadre de cette recherche, nous avons interrogé 18 Canadiens âgés de 13 à 16 ans afin de déterminer si leurs décisions de publier des photos sont motivées par leur désir de préserver leur réputation et s’ils consentent activement à ce que leurs renseignements personnels soient collectés et utilisés par les sociétés propriétaires des plateformes de partage de photos qu’ils utilisent. Nous avons également mesuré leur connaissance des principes de base relatifs à la protection des données et les avons interrogés à propos des échanges qu’ils ont pu avoir avec des sociétés en vue de faire valoir leurs droits en vertu des pratiques loyales en matière d’information, comme celui de pouvoir accéder à leurs renseignements personnels et de les supprimer.

Se donner en spectacle

Tout le monde dit que les médias sociaux servent à rester en contact avec nos amis ou d’autres personnes et dans une certaine mesure, c’est vrai. Mais puisque tout le monde les utilise, j’ai l’impression qu’on pense tous la même chose : il faut bien paraître. (Margaret, adolescente de 15 ans)

La principale motivation des adolescents qui partagent des photos en ligne consiste à créer et à préserver une certaine image d’eux-mêmes, produite en toute connaissance de cause. Ils réitèrent le fait qu’ils sont conscients que les internautes avec qui ils tissent des liens virtuels peuvent porter un jugement à leur égard. De fait, ils ressentent le besoin de choisir et, parfois, de modifier leurs photos pour se conformer à ce qui est considéré comme acceptable et souhaitable sur chaque plateforme : « Les gens vont te juger… Huit cents personnes peuvent voir une horrible photo de toi et vont probablement te juger. » (Nico, adolescent de 13 ans)

Les adolescents que nous avons interrogés utilisent presque exclusivement Instagram ou Snapchat pour partager des photos. Leur conception de ce qui constitue une « bonne » photo varie notamment en fonction de l’application utilisée. Par exemple, ils s’attendent à ce que les photos publiées sur Instagram aient l’air « professionnelles » et qu’elles soient cohérentes avec l’objectif du compte, qui peut véhiculer un thème précis ou mettre en valeur une certaine palette de couleurs. À l’inverse, bien que les photos Snapchat se caractérisent par leur côté amusant et spontané, elles sont soigneusement conçues pour créer un tel effet.

Tu veux publier pour impressionner les gens, et avec Instagram, tu ne penses même pas à l’image que tu projettes. Tu ne peux pas te dire : oh, attends. Qu’est-ce que les gens vont penser de moi? Vont-ils aimer ma photo? Tu en viens à cesser de penser à tes propres besoins, d’une certaine façon. (Pavlina, adolescente de 14 ans)

La croyance populaire veut que les selfies (égoportraits) soient les photos les plus populaires sur les médias sociaux, mais en réalité, ils représentent moins de 10 % des photos partagées. « Aller dans sa chambre pour prendre des selfies, ça me semble un peu bizarre et embarrassant. » (Margaret, adolescente de 15 ans) Les adolescents qui pensent comme Margaret préfèrent partager des photos de paysages, de biens de consommation ou de couchers de soleil plutôt que des portraits. Cette préférence pour les photos à caractère neutre incite plusieurs d’entre eux à éviter soigneusement d’aborder tous les sujets potentiellement controversés : « La politique, la religion, la sexualité et l’origine ethnique sont toutes des choses dont j’évite de parler sur les médias sociaux. » (Suyin, adolescente de 15 ans)

Contrôler l’audience

Plutôt que de s’abstenir de publier, la plupart des adolescents cherchent à contrôler l’audience de certaines photos et, ainsi, à éviter qu’elles soient diffusées auprès d’une audience non désirée. Choisir la plateforme ou le compte où ces photos seront publiées constitue pour eux le meilleur moyen de s’assurer que seules les personnes qui y sont autorisées pourront voir certaines photos. À titre d’exemple, Snapchat est en mesure d’envoyer une notification à ses utilisateurs lorsqu’une capture d’écran de leur photo est prise. Plusieurs adolescents considèrent cette fonctionnalité comme l’une des caractéristiques les plus utiles de la plateforme. Toutefois, selon eux, il s’agit moins d’une fonctionnalité que d’un code social implicite visant à rappeler qu’une photo ne devrait pas être diffusée à une audience autre que celle qui y est autorisée. « C’est considéré comme inapproprié de faire une capture d’écran du Snapchat envoyé par une personne, puisque tu choisis d’envoyer une photo à certaines personnes pour quelques secondes et c’est comme si elles ne respectaient pas ce que tu voulais. » (Courtney, adolescente de 16 ans)

La plupart des répondants à notre sondage Jeunes Canadiens dans un monde branché s’attendent à ce que leurs amis leur demandent la permission avant de publier une photo d’eux, à plus forte raison si la photo en question est embarrassante ou gênante. La plupart des adolescents interrogés dans le cadre de cette étude s’entendent pour dire que les personnes qui figurent sur une photo devraient pouvoir décider si cette photo sera partagée ou non. Toutefois, ils ont tendance à se demander comment leurs amis se sentiraient s’ils dévoilaient la photo plutôt que de leur demander directement la permission de la publier. De la même façon, bien que la meilleure stratégie rapportée dans le sondage Jeunes Canadiens quant à la manière de traiter une photo indésirable consiste à demander à celui ou celle qui l’a diffusée de la retirer, la plupart des répondants préfèrent envoyer des signaux indirects et faire des sous-entendus pour manifester leur désir que les photos soient supprimées. À titre d’exemple, une répondante a admis avoir envoyé une copie d’une photo embarrassante d’elle-même, délibérément modifiée, à la personne qui l’avait partagée.

Peu sensibilisés quant aux droits des consommateurs ou à l’environnement commercial

Les adolescents que nous avons interrogés n’ont généralement pas tendance à concevoir les plateformes qu’ils utilisent comme des entreprises. De plus, ils ne sont généralement pas conscients que l’utilisation de telles plateformes génère des revenus pour ces entreprises, un constat qui va de pair avec la faible conscientisation des répondants au sondage Jeunes Canadiens par rapport à l’intérêt des sociétés pour leurs renseignements personnels. Ces adolescents qui ont recours à une multitude de stratégies pour contrôler la manière dont leur audience perçoit leurs identités virtuelles n’entrevoient que deux façons de gérer l’accès des sociétés à leurs données : espérer que leurs photos passeront inaperçues dans l’océan de contenu publié et se convaincre que leurs publications ne sont pas de nature à « revenir les hanter ».

« Je doute fortement qu’ils choisissent une fille au hasard parmi toutes les photos publiées à Ottawa et qu’ils décident de l’observer. Je ne crois pas que c’est quelque chose qui pourrait arriver. Enfin, je l’espère. » (Amira, adolescente de 16 ans)

Dans presque tous les cas, les adolescents n’avaient pas lu ou compris les politiques de confidentialité des plateformes et les conditions d’utilisation. Ils n’avaient pas l’impression que la lecture de ces documents leur fournirait des renseignements utiles ou les aiderait à comprendre l’étendue de leurs droits ou des recours qu’ils peuvent intenter lorsqu’ils traitent avec les sociétés propriétaires de ces plateformes. La plupart ont affirmé que ces documents sont trop longs et difficiles à lire, ce qui n’est guère surprenant étant donné que seulement le tiers des répondants au sondage Jeunes Canadiens soutient que quelqu’un leur a déjà expliqué le fonctionnement d’une politique de confidentialité. Par ailleurs, les adolescents interrogés dans le cadre de cette étude détiennent peu ou pas de connaissances en ce qui a trait à leurs droits à titre de consommateurs, protégés par la LPRPDE, ou aux pratiques loyales en matière d’information que les sociétés sont tenues de respecter lorsqu’elles traitent des renseignements personnels. Cependant, ils expriment une opinion tranchée dès qu’on évoque la possibilité que les plateformes regardent leurs photos ou les utilisent à des fins auxquelles ils n’ont pas consenti.

Je ne sais pas du tout [pourquoi les compagnies gardent les photos], qu’est-ce qu’ils peuvent bien faire avec nos photos? Pourquoi est-ce qu’ils les ont? Qu’est-ce qu’ils peuvent bien faire avec? Qu’est-ce que ça leur donne d’avoir nos photos, s’ils ne nous connaissent même pas? Je ne veux pas qu’ils aient ma photo. Qu’est-ce qu’ils veulent faire avec? Ça fait peur ». (Kaya, adolescente de 14 ans)

Dans le cas de ces adolescents, les plateformes ne leur ont pas demandé l’autorisation d’utiliser leurs photos ou leurs renseignements personnels. Ils n’avaient pas non plus l’impression d’y avoir consenti en acceptant les conditions d’utilisation. Au lieu de cela, ils s’imaginent qu’ils donnent leur consentement aux entreprises de la même façon qu’ils le font avec leurs pairs : une photo à la fois, et en tenant pour acquis que leurs intentions sont implicitement comprises.

Je ne crois pas qu’elles devraient avoir accès à ma photo. Elles créent les médias sociaux et tout cela, mais avoir accès aux photos des gens, c’est trop, surtout s’il s’agit d’un compte personnel. Si les gens créent de tels comptes, c’est parce qu’ils ne veulent pas que n’importe qui voit leurs photos, et voilà qu’Instagram fait exactement ce que le propriétaire du compte ne veut pas. (Pavlina, adolescente de 14 ans)

Comme cette recherche exploratoire le confirme, les adolescents que nous avons interrogés prennent et envoient des photos sur une base quotidienne. Bien que de telles actions puissent sembler anodines, ils déploient des efforts considérables pour s’assurer que leurs différents publics voient ces photos de la manière dont ils veulent qu’elles soient perçues.

Bien qu’ils soient peu conscients de l’utilisation que les sociétés propriétaires de leurs plateformes préférées font de leurs photos et de leurs données, ces adolescents ont la ferme conviction que leurs photos leur appartiennent ou devraient leur appartenir, et que ces sociétés devraient obtenir leur autorisation de la même manière que leurs pairs le font. Ces constats contribuent à nous indiquer le chemin à suivre pour éduquer les jeunes quant à la manière dont ils participent à l’économie de l’information et à leurs droits en tant que citoyens numériques :

  • Enseignement des compétences numériques. La sensibilisation à la confidentialité des renseignements personnels, si elle est axée sur le fonctionnement d’outils techniques comme les paramètres de confidentialité des plateformes, connaîtra assurément peu de succès, puisque ces adolescents n’ont pas vraiment utilisé de tels paramètres. Étant donné l’intérêt de ces jeunes pour le contrôle de l’audience, il serait préférable de leur montrer comment ces outils peuvent les aider à déterminer qui peut voir certaines publications ou photos plutôt que de leur dire de veiller à ce que tout le contenu demeure « privé ».Le fait que les répondants misent sur le respect des normes sociales et des signaux envoyés pour gérer leur vie privée montre également l’importance de parler d’éthique privée dans le cadre de l’enseignement des compétences numériques. Les jeunes doivent prendre conscience des enjeux éthiques associés au partage des photos d’autrui. Ils doivent également être encouragés à éviter à la fois les « pièges de l’empathie » associés à la communication numérique et les « pièges éthiques » qui peuvent leur faire croire que certains de leurs pairs ont renoncé à leur droit de contrôler l’utilisation qui est faite de leurs photos.
  • Éducation à la citoyenneté numérique. Il est important de sensibiliser les jeunes à leurs droits en tant que citoyens numériques. Ils doivent être encouragés à participer à des activités civiques en ligne et à jouer un rôle actif dans la définition des pratiques et des valeurs partagées au sein de leurs communautés virtuelles. Ceux qui ont pour mission de voir à l’éducation numérique des jeunes et de diffuser les programmes de sécurité en ligne devraient également jouer de prudence afin d’éviter d’avoir recours à des tactiques de peur ou d’adopter des attitudes qui amplifient les risques associés au fait de communiquer en ligne.
  • Sensibilisation des consommateurs. La faiblesse la plus importante en ce qui a trait aux connaissances des participants est liée à cet aspect. Il est impossible d’amorcer le processus de sensibilisation si les élèves ignorent qu’ils participent à une transaction économique et ne comprennent pas au moins les principes de base du contrat auquel ils ont adhéré. Aider les jeunes à comprendre comment leur utilisation des plateformes génère des revenus pour la société propriétaire est essentiel pour qu’ils deviennent des consommateurs avertis et soient en mesure de réellement consentir à l’utilisation de leurs renseignements personnels.

Le rapport Partager ou ne pas partager : Comment les adolescents prennent des décisions en matière de vie privée à propos des photos sur les réseaux sociaux (PDF – 1 Mo) est fondé sur les résultats d’entrevues menées en 2016 auprès d’adolescents de 13 à 16 ans. La recherche est un partenariat entre HabiloMédias et le projet eQuality Project et a été rendue possible grâce à la contribution financière du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada.

De l’éthique et de l’empathie à la création et au remixage : offrir la littératie numérique aux années du secondaire

Par HabiloMédias

dlf-9to12-frDepuis plus d’une décennie, HabiloMédias est un chef de file de la littératie numérique au Canada. C’est ce que reflète le cadre élémentaire de littératie numérique que nous avons lancé en 2015. Le cadre Utiliser, comprendre et créer se fonde sur une approche holistique qui reconnaît que les différentes compétences qui composent la littératie numérique ne peuvent pas être entièrement séparées. Le cadre recense six aspects de la littératie numérique qui se chevauchent : éthique et empathie, vie privée et sécurité, trouver et vérifier, santé numérique, sensibilisation des consommateurs, et mobilisation communautaire. Il comprend des ressources pour s’assurer que tous les élèves canadiens, de la maternelle à la 8e année, peuvent recevoir une éducation complète en matière de littératie numérique. Nous étendons maintenant notre travail aux années du secondaire grâce à une série de nouvelles leçons dans les six catégories et nous en ajoutons une septième (« Créer et remixer ») pour aider les élèves à apprendre comment utiliser les outils numériques pour collaborer avec les autres et créer et remixer du contenu de façon éthique.

Bien que les nouvelles ressources pour le secondaire misent sur les mêmes principes de la littératie numérique, elles reflètent d’importantes différences entre les adolescents et les jeunes enfants, lesquelles sont soulignées dans nos données Jeunes Canadiens dans un monde branché. Puisque les expériences virtuelles des adolescents sont plus variées et plus susceptibles d’englober de multiples plateformes et appareils, bon nombre de ces ressources aident les jeunes à comprendre comment les différentes compétences numériques apprises par les années passées sont liées les unes aux autres et se renforcent les unes les autres pour aider à traiter des nouveaux défis auxquels ils font face. En composant avec le sextage, par exemple, les jeunes doivent non seulement apprendre à gérer leur propre vie privée et à prendre des décisions éthiques concernant les autres, mais aussi comprendre les différences entre les relations saines et malsaines (une recherche américaine indique que les sextos envoyés sous pression ou sous la contrainte sont trois fois plus susceptibles d’entraîner un résultat négatif). Notre nouvelle leçon « Éthique et empathie » intitulée Relations en ligne : Respect et consentement encourage les élèves à considérer l’importance de la pensée éthique et du consentement avant de partager tout contenu qui pourrait être préjudiciable. Elle présente une série de scénarios qui explorent des questions comme la contrainte, le manque de consentement, la violation de la vie privée et rendre public du contenu privé dans des situations à enjeux peu élevés qui s’appliquent à l’expérience quotidienne des élèves.

Nos conclusions de l’étude Jeunes Canadiens nous ont permis de « commencer là où commence l’apprenant » en misant sur les approches que les jeunes utilisent déjà. Leur préférence pour les stratégies sociales pour composer avec les questions de protection de la vie privée, par exemple, a servi de point de départ pour la leçon Relations en ligne : Respect et consentement. De même, les conclusions de notre rapport Les expériences de la cyberintimidation des jeunes Canadiens, lequel examinait ce qui amène les témoins de cyberintimidation à intervenir (ou à ne pas intervenir) et quelles stratégies d’intervention étaient les plus susceptibles d’aider sans empirer la situation, nous ont permis de fournir des conseils pratiques sur la façon d’aider les victimes d’intimidation dans notre leçon Ne pas faire de tort : comment être un témoin actif.

L’une des conclusions les plus saisissantes de notre sondage Jeunes Canadiens concerne le nombre de jeunes qui ont dit dormir avec leurs téléphones cellulaires la nuit pour éviter de manquer quoi que ce soit : plus de la moitié des élèves de la 11e année disent le faire. Le temps que les élèves passent sur leurs appareils n’est que la pointe de l’iceberg puisque bon nombre d’entre eux signalent être stressés en se comparant constamment à leurs amis, par la pression qu’ils subissent pour paraître heureux et sembler avoir du succès sur les médias sociaux, et par ce qu’ils appellent eux-mêmes « FOMO » (« fear of missing out ») c’est-à-dire la crainte obsessionnelle de manquer à l’appel. Notre leçon « Cybersanté » intitulée Composer avec le stress numérique aide les élèves à cerner les habitudes dans leur vie qui les rendent anxieux et leur enseigne des stratégies fondées sur des données probantes pour gérer leur temps, changer les habitudes et les attitudes néfastes, et prendre le temps de relaxer et de se reposer.

En plus de devoir paraître heureux et populaires auprès de leurs pairs, alors que les élèves atteignent l’adolescence, ils subissent également du stress pour présenter une image virtuelle qui sera appropriée pour les employeurs potentiels, les agents des admissions des collèges et des universités, et d’autres qui en savent suffisamment pour être méfiants de quelqu’un qui n’a aucune présence médiatique ou qui reconnaissent un profil fraîchement « épuré » lorsqu’ils en voient un. Notre leçon « Vie privée et sécurité » intitulée Ton curriculum vitæ virtuel habilite les élèves à mettre l’accent sur les points positifs et à prendre le contrôle de leur identité virtuelle en considérant les différents publics qui pourraient voir leur contenu et en établissant un plan pour s’assurer qu’ils envoient le bon message à chaque public.

Notre recherche nous indique également ce que les élèves ne font pas : alors que les données montrent que la plupart des élèves apprennent et utilisent leurs compétences de recherche et de vérification à l’école, elles montrent également qu’ils ne sont pas susceptibles de les utiliser pour vérifier du contenu en dehors de l’école. Voilà pourquoi notre nouvelle leçon « Trouver et vérifier » intitulée Authentification au-delà de la classe enseigne aux élèves non seulement à vérifier les faits de la toute dernière photo ou vidéo virale, mais aussi pourquoi ils devraient vérifier les faits en les aidant à comprendre que dans notre monde réseauté nous sommes tous, en réalité, des journalistes, et avons un devoir éthique de nous assurer de la véracité des renseignements avant de les transmettre.

Alors que les jeunes Canadiens créent beaucoup de contenu sur les médias sociaux, nos données montrent que relativement peu d’entre d’eux produisent du contenu créatif comme de la musique ou des vidéos, et notre récent sondage auprès des enseignants mené avec la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants, intitulé L’apprentissage connecté : Le personnel enseignant et les technologies en réseau dans la classe, montre que peu exercent ces activités en classe. Mais la production de médias, qui a toujours été une partie centrale de la littératie médiatique, n’a jamais été aussi simple : les élèves peuvent maintenant faire des choses avec leurs téléphones qui, il y a seulement une décennie, auraient nécessité des caméras vidéo dispendieuses. L’édition et le remixage, qui nécessitaient autrefois des logiciels ou du matériel spécialisés, peuvent maintenant être faits à l’aide d’outils virtuels gratuits, et il n’a jamais été aussi facile pour les jeunes de trouver un public pour le contenu qu’ils créent. Cependant, ces nouveaux outils viennent également avec des considérations éthiques. Notre leçon « Créer et remixer » intitulée Le remixage des médias enseigne aux élèves les droits qu’ils ont dans le cadre du remixage de contenu en vertu de la loi canadienne sur le droit d’auteur et leur permet d’examiner différents types de remixages et les différentes considérations légales et éthiques associées à chaque type avant de créer un remixage de leur propre cru.

Les considérations éthiques du remixage soulignent la question de la cybercitoyenneté. Encore plus que la littératie numérique, la définition précise de ce terme est toujours en évolution : trop souvent, il s’agit d’une liste de choses à ne pas faire qui, bien qu’importante, ne réussit pas à mobiliser les jeunes. Il pourrait être encore plus intéressant d’aborder la cybercitoyenneté non pas comme un sujet distinct, mais comme le résultat idéal de l’éducation à la littératie numérique, et de la percevoir de la perspective non seulement des responsabilités, mais aussi des droits d’un cybercitoyen. Une approche fondée sur les droits de la cybercitoyenneté fournit le lien essentiel entre enseigner aux jeunes ce qu’ils peuvent faire pour gérer et défendre leur vie privée et les habiliter à le faire vraiment. Les jeunes Canadiens doivent savoir qu’ils n’ont pas à abandonner leurs droits lorsqu’ils vont en ligne et, en réalité, ils pourraient même avoir des droits qu’ils ne connaissent pas. La leçon Cultures et valeurs en ligne laisse les élèves examiner comment les collectivités virtuelles comme les réseaux sociaux et les jeux à joueurs multiples forment leurs cultures et leurs valeurs et comment tous les membres de ces collectivités ont le droit et le pouvoir d’influencer ces valeurs afin que le racisme, le sexisme et d’autres formes de harcèlement ne soient pas tolérés. Bien que cette leçon montre aux élèves comment ils peuvent faire une différence dans leurs collectivités virtuelles, notre leçon en trois parties intitulée Narration numérique pour la mobilisation communautaire (que les enseignants peuvent offrir comme unité ou leçon autonome) combine les compétences « Créer et remixer » et « Mobilisation communautaire » pour aider les élèves à utiliser des outils numériques pour être des citoyens actifs dans leurs collectivités hors ligne. En demandant aux élèves de faire des recherches et de créer une histoire numérique (un produit médiatique simple mais flexible qui peut être créé en utilisant des outils de production médiatique les plus minimaux) sur une question qui s’applique à eux et à leur collectivité, et en trouvant ensuite des façons de la diffuser au bon public, cette série de leçons prépare les élèves à une citoyenneté active.

Il ne fait aucun doute que les technologies réseautées représentent des risques et des défis importants pour les adolescents canadiens, mais elles offrent également des possibilités sans pareil. Maintenant que le cadre complet de littératie numérique de HabiloMédias Utiliser, comprendre et créer a été élargi à l’école secondaire, nous sommes en mesure de les préparer à être des cybercitoyens actifs et engagés. Selon notre recherche révolutionnaire sur l’éducation à la littératie numérique au Canada, Définir la politique de littératie numérique et la pratique dans le paysage de l’éducation canadienne, et en lien avec les résultats des programmes pour chaque territoire et province, des outils sont fournis aux enseignants, aux parents, aux administrateurs et aux décideurs pour s’assurer que tous les élèves canadiens obtiennent l’éducation à la littératie numérique dont ils ont besoin pour vivre et travailler dans un monde numérique.

Le cadre Utiliser, comprendre et créer : Un cadre de littératie numérique pour les écoles canadiennes (de la maternelle à la 12e année) a été rendu possible grâce aux contributions financières de l’ACEI par le biais du Programme d’investissement communautaire .CA. Le cadre et les ressources connexes sont disponibles gratuitement à l’adresse http://habilomedias.ca/ressources-p%C3%A9dagogiques/utiliser-comprendre-et-cr%C3%A9er-un-cadre-de-litt%C3%A9ratie-num%C3%A9rique-pour-les-%C3%A9coles-canadiennes.

Utiliser, comprendre et créer : Pour un vaste programme canadien de littératie numérique

Que ce soit pour se préparer au futur marché de l’emploi ou simplement pour gérer les vies qu’ils mènent déjà en ligne, les jeunes Canadiens doivent avoir les compétences nécessaires en matière de littératie numérique. Mais qu’est-ce que la littératie numérique, et comment pouvons-nous nous assurer que tous les jeunes Canadiens acquièrent les compétences numériques dont ils ont besoin? Chez HabiloMédias, notre définition se fonde sur les principes fondamentaux de l’éducation aux médias : tout comme une personne possédant des compétences en littératie médiatique peut comprendre les textes médiatiques et s’engager activement à cet égard, et connaît également les bases de la production médiatique, une personne possédant des compétences en littératie numérique peut utiliser, comprendre et créer des médias numériques. Ces résultats sont la base de notre toute dernière ressource : Utiliser, comprendre et créer : Un cadre de littératie numérique pour les écoles canadiennes (de la maternelle à la 8e année).

Poursuivez la lecture (HabiloMédias) : http://habilomedias.ca/blogue/utiliser-comprendre-et-cr%C3%A9er-pour-un-vaste-programme-canadien-de-litt%C3%A9ratie-num%C3%A9rique

Par Matthew Johnson, directeur de l’éducation, HabiloMédiasUtilisez, comprendre et créer est un programme gratuit pour équiper les écoles en littératie numérique.